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Tag - Delanoë

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Wednesday 24 September 2008

Les sables mouvants du PS

Le PS français d’enfonce tout doucement et le dépôt des motions confirme ce que l’on craignait : le prochain congrès sera une primaire présidentielle déguisée.

Pierre Moscovivi, déserté par tous ses alliés de poids, ralliés aux uns ou aux autres, a donc renoncé à offrir une alternative aux adhérents socialistes et a apporté son soutien à Delanoë. Ce choix est compréhensible toutefois il relève de ce “réalisme” qui lui avait déjà été reproché au Mouvement européen. Mieux vaut à mon sens avoir raison contre tous quite à traverser provisoirement un désert. Les seules batailles perdues d’avance sont on le sait celles que l’on renonce à mener. Déception donc.

Il convient tout de même de remercier Pierre Moscovici d’avoir su animer cette précampagne et porté le message de ceux que consterne cette présidentialisation du PS qui vient marquer la soumission au régime de la Ve République alors que le PS devrait promouvoir la 6e.

Le choix des socialistes est désormais réduit à un concours de beauté entre présidentiables, tant il est difficile d’identifier les différences idéologiques entre les trois principaux candidats. Le bon côté des choses est bien sur qu’il est rassurant de constater une certaine cohérence du Parti socialiste. Le  réformisme social-démocrate semble devoir l’emporter et l’enjeu du point de vue des idées sera de voir dans quelle mesure les gauchistes rassemblés autour de Benoît Hamon sont effectivement minoritaires. Ce dernier a réussi à rassembler tous les archaïques du parti autour de lui : nonistes, sociaux-nationalistes, partisans du rapprochement avec l’extrême gauche sont tous là. Il reste à espérer pour le PS que leur score soit le plus misérable possible.

Martine Aubry étant alliée à Fabius, il ne reste donc pour le PS qu’un choix entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. Du point de vue de la personnalité et des compétences, le choix est vite fait. En revanche les postures adoptées au cours des derniers mois peuvent faire hésiter, notamment sur la question des alliances. Alors que Ségolène Royal a mentionné l’hypothèse d’un rapprochement avec le Modem, hypothèse naturelle  pour une gauche réformiste et se situant aussi dans la logique des institutions qui devrait pousser l’opposition à se rassembler ; Bertrand Delanoë a toujours privilégié dans un rigoureux traditionnalisme jospiniste, l’alliance avec le PCF, pourtant le plus ringard d’Europe, y compris aux dépens des Verts, parti plus moderne et mieux implanté à Paris dont il est le maire. Cette attitude peut inquiéter alors que l’on aura besoin de toute l’opposition démocratique à Nicolas Sarkozy pour espérer voir celui-ci battu en 2012.

Le Congrès sera donc un échec : non seulement il verra un affrontement entre des têtes de file a priori peu différentiables sur les questions de fond mais en outre il se situera dans une logique présidentialiste laissant celui qui sortira du chapeau servir de cible en interne et en externe pendant les longues années qui nous séparent de l’élection présidentielle. Il ou elle ne pourra dès lors qu’être tenté par un autoritarisme qui tuera le débat d’idée au lieu de l’encourager.

Les conséquences du pré-congrès sont déjà consternantes : le PS  est muet face aux initiatives de la droite, se laissant déborder par le Modem sur Edvige ou par l’extrême-gauche sur la Poste. Du coup pour compenser, il a adopté un comportement irresponsable sur l’Afghanistan en faisant de la surenchère et en sombrant dans le piège de l’opposition frontale. Le vote contre la poursuite de la mission française dans la guerre contre le terrorisme, tout en expliquant que ce votre Non ne veut pas dire Non est illisible et particulièrement regrettable. Ce vote est irresponsable envers nos alliés qui voient la France comme un partenaire moins fiable puisque une alternance mènerait au pouvoir un parti aux positions ambigües, irresponsable envers les soldats français pour lesquels faire croire que des victimes dans leurs rangs sont susceptibles de provoquer une retraite de l’ensemble de leur contingent en fait potentiellement des cibles privilégiées, irresponsable en vers la population afghane pour lesquelles un retrait des forces internationales signifierais le retour d’une dictature barbare. Lire dans ce contexte, comme dans l’article de Libération, que l’objectif était de ne pas radicaliser les gauchistes du PS dans la perspective du Congrès, a de quoi agacer. Le cercle vicieux d’une cure d’opposition prolongée est d’adopter une culture d’opposition plutôt qu’une culture de gouvernement. Rien de tel pour prolonger le séjour dans la dite opposition.

On regrette l’immobilisme du PS. Mais dès qu’il bouge en ce moment, il s’enfonce encore plus.

Lire aussi :

Monday 26 May 2008

PS : l'inquiétant combat des chefs

Alors que Bertrand Delanoë pousse sa rivale à la faute en revendiquant la liberté comme une valeur de gauche, on craint de voir le prochain Congrès du PS se transformer en un concours de l'eurovision.

« Delanoë, 10 points », est-on tenté de dire après la parution du livre d'entretien avec le maire de Paris.

Il a joué un grand coup en replaçant le débat au PS sur les idées et en s'affirmant comme un moderniste alors qu'il avait l'image jusqu'ici d'un simple gardien du temple jospiniste, du conservateur qui s'offusque que l'on soit tenté de dialoguer avec le Modem et qui privilégie ses alliés communistes aux dépens de ses alliés Verts.

En réaffirmant que la liberté est une valeur de gauche, il bouscule les archaïques et pousse Royal à la faute en l'obligeant à se ranger du côté de ses derniers alors qu'elle avait jusqu'ici plutôt cherché à entretenir une image de rénovatrice.

Je n'ai pas encore lu le livre de Bertrand Delanoë, j'imagine que je le trouverai au Monoprix lors de la pause déjeuner. Je ne peux donc me prononcer pour le fond. Les extraits parus ne me semblent justifier ni les excès d'indignation ni les excès d'enthousiasme lus sur le sujet.

Ne pas se tromper d'élection

Ce nouvel épisode de la guerre des chefs qui se profile au PS confirme l'inquiétude exprimée par Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg.

Ces derniers mettent en garde contre une présidentialisation du PS. Je partage leur analyse et leur inquiétude.

Des présidentiables, ou se croyant comme tel, pressés, s'efforcent de transformer le prochain Congrès du PS en désignation anticipée du candidat de la gauche aux élections présidentielles de 2012 — dans quatre ans ! Ils tentente de se fait d'écarter l'enjeu réel qui est la désignation d'un premier secrétaire pour animer le parti et la rénovation du corpus doctrinal de ce dernier.

Ne doutons pas un instant que si un premier secrétaire ayant un tel profil était élu, il s'efforcerait de vérouiller toute voie dissidente en verrouillant l'appareil et de transformer le PS en fan club dotn la seule vocation serait de lui servir de machine électorale. Ce sort peu enviable qu'a connu l'UMP sous le joug de Sarkozy est-il celui que les militants du PS souhaitent pour leur parti ?

Si le présidentialisme du régime de la Ve République — que le PS souhaite pourtant changer pour le démocratiser — ne doit pas déteindre sur les partis politiques sous peine de vider ces derniers de leur substance. Un parti assiste en effet un candidat issu de ses rangs dans l'élection présidentielle, mais il participe aussi à la sélection des candidats pour l'élection législative. Ceux qui souhaitent que le Parlement et la présidence soient deux acteurs séparés dans nos institutions et non pas que le premier soit aux ordres du second ne peuvent donc pas souhaiter un parti transformé en club de supporters d'un candidat à la présidentiel. Qu'un premier secrétaire puisse acquérir la stature d'un présidentiable du fait de ses qualités, pourquoi pas, transformer la désignation du premier secrétaire en des vrai-fausses primaires — ridicules à de nombreuses années de l'échéance — certainement pas.

Lire à ce sujet :

Et bien sur la réaction de Pierre Moscovici qui n'est pas dupe : « En vérité, la ficelle est grosse, d'un côté on récupère la modernité à peu de frais – à dire vrai j'insisterais plus pour ma part, beaucoup plus, sur l'égalité réelle, sur la justice sociale- de l'autre on s'achète de façon tout aussi peu coûteuse un brevet de gauche. »

Tuesday 22 April 2008

Bravo Delanoë !

Le Conseil de Paris, à l'initiative de notre maire Bertrand Delanoë, a honoré lundi 21 avril deux personnalités représentatives de l'opposition à la dictature du régime de Pékin.

Les élus parisiens ont ainsi affirmé notre attachement aux droits de l'homme et aux valeurs démocratiques alors que le gouvernement chinois, à l'approche des Jeux olympiques, pratique une répression accrue contre toute opposition.

Cette initiative, d'ordre symbolique, est l'un des rares moyens d'action d'une municipalité en matière de relation extérieures. Elle a néanmoins une portée significative et a été entendue, à la fois par la dictature de Pékin et par notre gouvernement qui s'en est immédiatement désolidarisé.

Face à la lacheté de la politique étrangère française, et européenne, il est heureux que notre municipalité ait pris la responsabilité d'affirmer nos valeurs aussi clairement.

Bravo, donc à Bertrand Delanoë pour cette initiative.

Way to go !

Toujours au sujet de la préparation des J.O., Eolas signale sur son blog l'attitude du gouvernement australien lors de l'accueil de la flamme olympique, bien plus digne que le comportement collaborationniste de notre police lors du passage à Paris de l'opération de propagande chinoise.