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Tag - Nationalisme

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Saturday 19 April 2008

Les réacs s'en prennent à l'eurovision

Alors que Sébastien Tellier doit représenter le France à l'eurovision, des élus conservateurs tentent d'imposer leur vision réactionnaire.

L'objet de leur indignation ? La chanson est en langue anglaise ? So what ? est-on tenté de leur répondre.

La compétition de par sa nature internationale permet à des artistes de se faire connaître au-delà de leurs frontières. S'adresser au public dans une langue comprise par le plus grand nombre est donc pertinent. Par ailleurs, la langue anglaise est par excellence celle du pop-rock. De nombreux gagnants de la compétition chantaient en anglais ce qui prouve bien que le concours le permet. Ainsi, Abba avait remporté le concours en 1974 avec la chanson « Waterloo ».

Le principe de l'eurovision est de mettre en valeur des talents et non pas de servir de parade chauviniste. Peu importe donc si adeptes du bleu-blanc-rouge s'offusquent et bondissent tel le cabri.

« Rajouter quelques lignes en français » relève donc d'une concession pitoyable aux nationalistes qui ont haussés le ton.

Rien n'impose le français comme langue des chansons présentées par le candidat issu de notre pays. Ainsi plusieurs d'entr eux ont chantés dans des langues régionales, celles-là même que les nationalistes qui s'offusquent aujourd'hui méprisent. Souvenons-nous que en 1992, lorsque la droite de la droite avait imposé l'ajout dans la constitution française la mention de la langue française comme langue de la République, aucune mention n'a été faites des autres langues de notre pays. La France n'a pas non plus ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires établie dans le cadre du Conseil de l'Europe.

Que des élus et le gouvernement se mêlent de choix artistiques et d'un concours musical montre que notre pays est, comme on le constate très souvent, tombé bien bas. Alors que l'État en France n'assure pas ses missions convenablement en matière d'éducation ou de protection sociale, ses représentants se mêlent encore et toujours plus de contrôler les Français sur ce qu'ils fument, ce qu'ils consomment et aujourd'hui ce qu'ils chantent, réduisant d'année en année le champs des libertés indivisuelles.

Même si les aboiements entendus ces jours-ci suscitent avant tout la moquerie face à ce comportement franchouillard assez vulgaire, cette affaire démontre que les réflexes caporalistes, nationalistes et jacobins sont encore très vivaces dans notre pays. Nous devons les combattre inlassablement.

Friday 11 April 2008

Les nationalistes à la rescousse de la dictature chinoise

On devait s'y attendre, et celà n'a pas manqué : les nationalistes, tout particulièrement à l'extrême-gauche, la Chine étant encore aujourd'hui bariolée de rouge, viennent au secours de la dictature de Pékin, contre laquelle l'opinion publique mondiale se mobilise enfin.

Guillermo dans « La cause juste, et les autres » ; et Embruns dans son post « Droits-de-l'hommistes à géométrie variable » ; constatent également ce phénomène :

« On sent bien, côté extrême gauche (ou »vraie gauche« , ou »gauche bien de gauche avec de bonnes valeurs marxo« ) une certaine défiance pour l'agitation anti-JO de Pékin. »

Mélenchon a ainsi publié un texte hallucinant sur le sujet. Mon ennemi préféré edgar, avec plus de nuance, est également très critique envers la mobilisation.

Julien, un noniste pourtant souvent raisonnable, exprime des réserves : Il n'y a pas qu'une seule façon de penser la Chine.

Plusieurs points sont évoqués.

Je partage l'idée selon laquelle on a tord de se mobiliser uniquement pour le Tibet, alors que c'est la Chine entière qu'il faut libérer.

En revanche je ne peux évidemment pas souscrire à l'attitude qui reviens au final à venir au secours de la dictature chinoise sous prétexte qu'il existerait des causes meilleures,pus politiquement correcte, essentiellement celles qui apportent de l'eau au moulin de l'antiaméricanisme et de l'anticapitalisme. Le tiermondisme s'autodiscrédite quand il fait le tri entre les bonnes dictatures (autonomes) et les mauvaises (qui seraient soutenues par la CIA).

Je ne peux m'empêcher de penser que les drapeaux rouges et les portraits de Mao qui parsèment la Chine contribuent à rendre le régime de pékin sympathique aux yeux de ces militants de l'extrême.

L'extrême droite partage tout autant ces critiques. Le Pen demandait déjà en septembre dernier la démission de Rama Yade qui avait osé qualifier Chine et Russie de dictatures.

Ce n'est pas par hasard que l'on retrouve du côté du régime de Pékin une grande partie des anciens nonistes de 2005. En réalité il s'agit là plus que tout autre considération d'une conséquence logique du nationalisme, lequel prétend dresser des barrières entre les peuples.

Pas de droit international obligatoire, pas de critiques étrangères de ce qui se passe dans un pays et certainement pas d'opinion internationale ni de démocratie internationale. Tout ceci fait horreur aux nationalistes ceux qui s'autodésignent sous le nom de souverainistes.

Le plus ironique dans cette histoire est que les militants des extrêmes partagent sur ce point beaucoup la position des néocons bushistes (lire à ce sujet ma chronique de « La Norme sans la Force » de Zaki Laidi sur le Taurillon).

Qui donnait des ordres à la police lors des manifestations à Paris?

Autre sujet lié à la question des JO : la polémique sur l'attitude de la police lors des manifestations en faveur des droits de l'homme sur le parcours de la flamme de la honte ; et sur le statut des hommes de main du régime de Pékin qui assuraient la garde rapprochée de la flamme. La ministre de l'intérieur aurait selon la presse demandé une enquête sur le sujet. Selon Libération, les musclés en questions seraient issus des unités spéciales de la police, les mêmes qui font du maintien de l'ordre au Tibet. Ce seraient eux à en croire Envoyé Spécial (lu sur xiii via Embruns) qui auraient ordonnés de confisquer les drapeaux tibétains aux anifestants. Si cela s'avère exact le gouvernement doit ordonner des sanctions.

Les politiques bougent

La bonne nouvelle du jour, c'est la résolution du Parlement européen qui condamne la répression au Tibet et demande une position commune de l'Union sur le sujet de la participation à la cérémonie d'ouverture des JO alors que de lus en plus de chefs de gouvernement européens, le dernier étant Gordon Brown, annoncent qu'ils n'y participeront pas.

Monday 20 August 2007

L'euromythe du moment

Un euromythe est une légende urbaine inventée et diffusée par les militants nationalistes britanniques connus sous le doux euphémisme d’eurosceptiques, souvent avec la complicité d’une presse populaire qu’intéresse plus le spectaculaire que le journalisme.

Le blog etoile se fait l’écho d’une micro-polémique issue d’un blogueur français qui a trouvé de bon ton de colporter l’un de ces euromythes issus de l’imagination farfelue des eurosceptiques anglais.

En effet le mini-traité en gestation qui devrait succéder, dans une version édulcorée [1], à feu le projet de traité constitutionnel victime du grand n’importe quoi que fut la fin des années Chirac, reprend en partie les dispositions relatives à l’amélioration de la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union européenne.

Il s’agit de s’efforcer de renforcer notamment le rôle du ministre des affaires étrangères de l’Union (dont le titre a été gommé dans le vain espoir de ne pas effaroucher les dits « eurosceptiques »). Les avancées sont fort modestes et ne vont hélas pas permettre d’aboutir à la véritable politique étrangère commune dont les Européens ont besoin pour mieux peser dans le monde. Néanmoins il s’agit de progrès dans le bon sens.

Ainsi, il serait envisagé que lorsque les gouvernements européens se sont accordé sur une position commune, le ministre des affaires étrangères de l’Union européenne, dont c’est la mission, puisse aller la défendre notamment auprès des Nations-Unies.

Cette simple mesure de bon sens est chez les eurosceptiques le point de départ d’un raisonnement fantasmatique qui les conduit à conclure que cette disposition serait la porte ouverte à un abandon du siège permanent de la Grande-Bretagne au Conseil de sécurité.

Il n’en est bien évidemment pas encore question compte tenu de la difficulté avec laquelle les dirigeants européens font vivre les maigres dispositions en matière de politique étrangère des traités actuels (politique commerciale mise à part puisque celle-ci est communautarisée et fonctionne par conséquent bien mieux). Il faut déjà faire fonctionner correctement l’existant et le mini-traité devrait y aider, puis l’améliorer significativement, avant d’envisager une telle évolution.

L’Europe est malheureusement bien loin d’être capable de parler d’une seule voix. Cet euromythe est nuisible car en situant dans un futur très proche une perspective qui n’est aujourd’hui qu’un rêve pour un avenir lointain, il l’assimile à l’impuissance et à l’incohérence politique de l’Europe actuelle. La propagande nationaliste contre l’Europe se base sur le manque d’information des citoyens d’une part et sur le manque de courage des politiques qui sont incapables de formuler une vision cohérente de notre avenir commun. La perspective d’une Europe parlant d’une seule voix doit être perçue comme une chance et non comme un danger. Il faut cependant pour cela que les responsables politiques soient en mesure de formuler plus nettement les contours de l’Europe à construire plutôt que de s’efforcer de rafistoler l’ensemble bancal et impuissant qu’est devenu l’Union européenne.


Ferran Lloveras se livre sur le Taurillon à un exercice de politique-fiction sur la politique étrangère de l’Europe en 2057 : EU single Foreign, Defence and Security Policy