Alors que Sébastien Tellier doit représenter le France à l'eurovision, des élus conservateurs tentent d'imposer leur vision réactionnaire.
L'objet de leur indignation ? La chanson est en langue anglaise ? So what ? est-on tenté de leur répondre.
La compétition de par sa nature internationale permet à des artistes de se faire connaître au-delà de leurs frontières. S'adresser au public dans une langue comprise par le plus grand nombre est donc pertinent. Par ailleurs, la langue anglaise est par excellence celle du pop-rock. De nombreux gagnants de la compétition chantaient en anglais ce qui prouve bien que le concours le permet. Ainsi, Abba avait remporté le concours en 1974 avec la chanson « Waterloo ».
Le principe de l'eurovision est de mettre en valeur des talents et non pas de servir de parade chauviniste. Peu importe donc si adeptes du bleu-blanc-rouge s'offusquent et bondissent tel le cabri.
« Rajouter quelques lignes en français » relève donc d'une concession pitoyable aux nationalistes qui ont haussés le ton.
Rien n'impose le français comme langue des chansons présentées par le candidat issu de notre pays. Ainsi plusieurs d'entr eux ont chantés dans des langues régionales, celles-là même que les nationalistes qui s'offusquent aujourd'hui méprisent. Souvenons-nous que en 1992, lorsque la droite de la droite avait imposé l'ajout dans la constitution française la mention de la langue française comme langue de la République, aucune mention n'a été faites des autres langues de notre pays. La France n'a pas non plus ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires établie dans le cadre du Conseil de l'Europe.
Que des élus et le gouvernement se mêlent de choix artistiques et d'un concours musical montre que notre pays est, comme on le constate très souvent, tombé bien bas. Alors que l'État en France n'assure pas ses missions convenablement en matière d'éducation ou de protection sociale, ses représentants se mêlent encore et toujours plus de contrôler les Français sur ce qu'ils fument, ce qu'ils consomment et aujourd'hui ce qu'ils chantent, réduisant d'année en année le champs des libertés indivisuelles.
Même si les aboiements entendus ces jours-ci suscitent avant tout la moquerie face à ce comportement franchouillard assez vulgaire, cette affaire démontre que les réflexes caporalistes, nationalistes et jacobins sont encore très vivaces dans notre pays. Nous devons les combattre inlassablement.
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