Valéry-Xavier Lentz.eu

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Sunday 17 January 2010

Le Parti socialiste français lance La Coopol, un réseau social prometteur

C'est la mode. Mais c'est aussi une nécessité pour une organisation politique: le Parti socialiste français lançait la semaine dernière son réseau social : http://www.lacoopol.fr/

Ce lancement s'inscrit dans une stratégie globale de communication numérique pour le PS, il est couplé avec celui d'un site rénové pour le : http://www.parti-socialiste.fr/ 

C'est tout naturellement que la campagne de Barack Obama est évoquée par les créateurs du site comme l'une de leurs références dans la mise en place de cette démarche. Au delà d'un réseau social en ligne, l'objectif est de faire le lien entre les militants sur le terrain (voir ici l'interview de Benoit Thieulin par Le Figaro). 

Disons le tout de suite, cette opération est une réussite, notamment en contraste avec le très étrange Créateurs de possibles de l'UMP ou le nouveau site très fouilli du parti conservateur.

La Coopol, ou Coopérative politique, se veut plus classiquement un réseau social avec les fonctionnalités désormais classiques : création et gestion d'un profil, les amis, les groupes, la messagerie, la publication de contenus...

L'ensemble peut sembler minimaliste aux habitués d'un Facebook mais il est clair qu'un tel chantier est une démarche considérable. Dans une philosophie de développement "Agile", il est parfaitement raisonnable de lancer le site dès que les principales fonctions sont présentes pour y ajouter progressivement des outils supplémentaires. D'ores et déjà une cartographie interactive des membres est prévue (j'imagine une solution basée sur l'API Google maps comme sur http://www.monpoleecologique.fr/). 

Il faut dire aussi quel'objectif est de rassembler un maximum de militants pour placer cette plateforme au coeur du fonctionnement du parti : il faut donc éviter une fracture numérique en proposant dans un premier temps un système relativement simple. Un gors travail de sensibilisation et de formation a été entrepris auprès des cadres du parti. La chaine Dailymotion de La Coopol propose aussi plusieurs tutoriaux plutôt bien réalisés.

La spécificité d'une organisation tel qu'un parti politique a été intégrée dans le paradigme du réseau social web : une grande place est accordées aux sections, l'unité de base du parti, dans le recrutement des membres du réseau comme dans son interface. L'objectif est que le site soit d'abord un moyen de faire le lien entre les militants et de les organiser. L'un des premiers bénéfices est que ceux qui ne peuvent pas assister régulièrement aux réunions ont désormais un moyen de suivre ce qui se passe.

Mardi 12 janvier, le site ouvrait ses portes à tous les internautes, permettant ainsi aux adhérents, au delà des sections pilotes, mais aussi à tou les sympathisants, de créer leur compte et de participer. L'opération a été un succès car le réseau a dépassé le seuil des 10 000 membres en 48 heures. Des dizaines de groupes de toute sorte se sont également créés : pour se regrouper en courants, par thème, ou tout simplement pour le LOL (souvent aux dépens des adversaires politiques).

Le tout s'avère plutôt prometteur : l'espoir de certains est de voir la plateforme "dynamiter" le parti, faire sauter les cloisons et lui insuffler un nouveau souffle. Sans aller jusque là, un site web reste un simple outil, il est vrai que permettre un dialogue direct entre les militants et sympathisants, dans un cadre institutionnalisé et labellisé PS (le dialogue était déjà possible ailleurs sur la toile) sans passer par le cadre souvent rigide de la section, est susceptible dans une certaine mesure d'avoir un impact positif. Pour l'instant je n'ai pas constatés de gros trolls sur le site où l'on reste poli et cordial. La charte d'utilisation demande naturellement que l'on s'abstienne d'attaque un: ce qui fait dire par certains que l'on essaye d'étouffer le débat au profit de la direction actuelle : une interprétation très osée et un poil paranoïaque. Le premier Godwin a été constaté dans une discussion au bout d'une semaine, mais on est sur le web, c'est fatal, et ce fut un Godwin poli, bien élevé et aussi subtil qu'un Godwin peut l'être.

Toutefois, le chantier n'est pas achevé : de nombreux détails peuvent être améliorés mais il manque surtout quelques fonctionnalités essentielles. La principale lacune est le manque de possibilité de suivre l'activité ou des conversations. La page d'accueil limite aujourd'hui à trois le nombre des derniers posts visibles, sans possibilité de consulter l'historique : si l'on est pas connecté tout le temps on rate très vite un contenu intéressant. En outre il n'est prévu nul part de suivi des commentaires. Si vous publiez beaucoup, il faut revenir régulièrement partout où vous avez publié pour vérifier si de nouveaux commentaires ont été postés.

Idéalement, il faudrait un item "Mes conversations" dans le menu qui liste les posts créés par l'utilisateur, qu'il a commenté ou auxquels il s'est abonné, pour lesquels il y a de nouveaux commentaires. 

Le PS est heureusement en de bonne mains avec Valério et Benoit. Je ne doute pas qu'un processus d'amélioration continue de la qualité est en place pour améliorer progressivement ce qui peut m'être. Le travail réalisé est déjà considérable et ces nouveaux outils donnent des atouts considérables à cette organisation.

Notons au passage que le site est réalisé avec le très populaire CMS Drupal, comme la plupart des réalisations de la Netscouade. Il est vrai qu'il comporte de nombreuses fonctionnalités et extensions facilitant la mise en place de fonctions sociales sur un site web. 

Lire aussi : 

Thursday 11 June 2009

Vers des primaires ouvertes pour désigner le candidat de la gauche en 2012

La désagréable surprise des socialistes au soir du dimanche 7 juin a suscité bon nombre de commentaires et de réflexions. Après le 21 avril et la défaite de sa candidate à l'élection présidentielle, le PS recherche désespérément les moyens de réussir sa rénovation. D'ores et déjà, c'est plus une refondation que l'on évoque, voire un dépassement du Parti.

L'échec du Conseil national de mardi à proposer quoi que ce soit à la hauteur de l'enjeu n'a fait qu'accentuer la grogne.

Ains Manuel Valls propose dans Libération  «une nouvelle formation politique qui dépasse le PS actuel». L'idée est pertinente tant le défaut du PS est d'être focalisé sur ses querelles internes et de fonctionner uniquement dans la logique des institutions internes qu'il s'est créer. Un big bang partisan peut lui permettre d'élargir son horizon, d'accueillir de nouvelles tendances ou de nouvelles têtes. Autre avantage : la nouvelle formation devrait prendre un autre nom, abandonnant ainsi le mot ringard de socialisme qui évoque le 19e siècle et le marxisme, pourtant enfin abandonnés de la déclaration de principe du PS. 

Pierre Moscovici, dans un billet au titre évoquant la perestroika : Maison commune, se livre pour sa part à l'une se ses analyses à la fois sans concession envers les dirigeants du parti socialiste et toujours très pondérée. Il s'efforçe en effet d'entrée de trouver des points positifs au Conseil national de mardi : on ne s'y est pas déchiré. En effet, c'est déjà ça. Naturellement on ne peut se contenter du constat que personne n'a voulu prendre la responsabilité d'ajouter la crise à la crise (enfin à part Malek Boutih). 

Toutefois Moscovici se contente de solutions socialo-socialistes : « La maison commune qu'il faut reconstruire, en priorité, c'est le Parti socialiste », afin de ne pas faire renaître la querelle des alliances – provisoirement en suspens après l'échec très relatif de Bayrou aux européennes – en appelant à un travail sur les idées qu'il se dit prêt à animer. Il faut bien en effet que quelqu'un s'y mette si l'on doit sortit des incantations.

Plus intéressant, il semble que l'idée de primaires ouvertes – c'est à dire où le choix du candidat de la gauche (comprendre du PS) ne soit pas réservé à ses seuls militants – ait désormais le vent en poupe.

Une pétition est lancée aujourd'hui sur le sujet :

http://primairesouvertes.fr/

Pour la signer, vous recevrez comme souvent un mail de confirmation où il faut cliquer sur un lien pour que la signature soit validée. Relisez donc l'adresse mail saisie avant de de valider et consultez votre boite anti-spam si vous ne le recevez pas.

Les deux approches sont assez différentes toutefois elles révèlent une prise de conscience que le PS ne peut, seul, emporter la victoire et qu'il doit faire appel à des ressources extérieures, sympathisants voir personnalités ou autres organisations  pour le renforcer, en les associant, au miimum par ces primaires, ou plus par la refondation d'un nouveau parti, un peu comme le PS avait été un dépasssement de l'ancienne SFIO au profit d'un rassemblement plus vaste.

Ce n'est pas gagné.. le PS doit lutter contre un conservatisme interne monumental. Son immobilisme depuis 2002 l'a prouvé alors que le choc du 21 avril aurait dû susciter du changement. Il est temps désormais d'agir, c'est peut être la dernière chance de ce parti.

Sunday 26 April 2009

Passe d'arme entre Pierre Moscovici et Jean Quatremer

Suite à un entretien accordé par l'ancien ministre des Affaires européennes Pierre Moscovici au quotidien Libération, le journaliste Jean Quatremer a réagi à certains propos tenus sur son blog : Moscovici et Dati, la poutre et la paille.

Selon Pierre Moscovici, "Etre député européen n’est pas une voie de garage pour des courtisans en défaveur". Il conclut l'entretien en déclarant : "Quand on ne respecte pas ses fonctions, il est logique qu’on soit jugé".

C'est précisément ce que fait Jean Quatremer dans son billet où il rappelle comment, élus député européen à deux reprises, il a interrompu à chaque fois son mandat pour exercer d'autres fonctions.

On aurait pu en rester là : un blogueur, fut-il éminent et journaliste, critique la parole d'un responsable politique. Toutefois Pierre Moscovici, lui aussi blogueur, a choisi de répondre comme le font les blogueurs : dans un commentaire.

La première réaction est de se féliciter de cet échange direct entre l'élu et celui qui commente ses propos. Toutefois, plutôt que de défendre ses choix, et son propos, comme il en a le droit, et comme il a pu le faire par le passé, Pierre a préféré accuser Jean de mesquinerie et de rancune plutôt que de répondre directement au billet. 

Pierre Moscovici est sans le moindre doute l'un des meilleurs des socialistes. Ses analyses sont justes, pertinentes et équilibrée. Il est celui qui avait, lors du Congrès de Reims, prévu et tenté d'empêcher, le catastrophique affrontement entre présidentiables auquel nous avons assisté. Il se prépare aujourd'hui à lancer son propre courant avec ceux qui se reconnaissent dans sa démarche. Le Parti socialiste a un besoin impérieux d'un homme de sa qualité afin de pouvoir se rénover idéologiquement et prétendre à regagner sa crédibilité en tant que parti de gouvernement.

Naturellement, en tant que responsable politique, il est observé. Son action et ses propos sont commentés et critiqués. Il ne trouvera jamais grâce aux yeux de certains. D'autres l'approuveront systématiquement et sans réserve. Entre les deux, de nombreux observateurs reconnaîtront ses qualités sans pour autant lui épargner des critiques ponctuelles, lesquelles peuvent même dans certains cas s'avérer en partie justifiées. Face à ces critiques il faut inlassablement expliquer et chercher à convaincre, pas nécessairement considérer que les émettre est symptomatique de mauvaise foi ou d'hostilité. Le risque pour Pierre serait de passer pour un Alain Juppé de gauche, toujours droit dans ses bottes, ou au mieux un François Bayrou, convaincu d'avoir raison contre tous. Il est j'en suis convaincu bien meilleur.

Pour revenir à l'incident en lui même, Pierre Moscovici et les socialistes ont raison de juger avec la plus grande sévérité le comportement de Rachida Dati et à travers elle celui de Nicolas Sarkozy. Lequel, après avoir prétendu qu'il était indispensable de nommer au Parlement européen les meilleurs, nous impose Rachida Dati.

Dans ce contexte, le titre du billet de Jean Quatremer peut être considéré comme particulièrement injuste. Les dérapages de la candidate UMP démontrent l'insouciance coupable et l'incompétence inexcusable de celle-ci. Cela n'a rien d'une "paille" pour qui attends de ses élus qu'ils soient à la hauteur du mandat qu'il prétend exercer. Pierre Moscovici l'était sans contestation. On peut regretter qu'il ait choisi d'y renoncer précisément pour cela. Mme. Dati le sera-t-elle ? Il est permis aujourd'hui d'en douter et de le dire.

M.à.J. : l'incident a été mentionné par le site Arrêt sur Images : http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=4200

Saturday 17 January 2009

Ségolène Royal candidate aux élections européennes ?

J’apprends, à la lecture du blog Puzzle socialiste que Ségolène Royal aurait proposé de participer à l’élection européenne. Je ne dispose que des extraits retenus par Michel Noblecourt pour me faire une opinion. Sur cette base, elle ne peut être que de l’inquiétude.

Ségolène Royal ne m’inspire pas d’antipathie a priori, surtout de l’agacement. J’estime donc que ce serait une excellent chose qu’une personnalité de cette envergure soit impliquée dans la campagne européenne afin de donner à cette élection une plus grande visibilité.

Il serait en outre très appréciables que des personnalités politiques majeures siègent au Parlement européen. Cela renforcerait le groupe socialiste et la délégation française, notamment lorsque Michel Rocard prend sa retraite politique (lire l’excellent billet de Pierre Moscovici à son sujet).

seulement voilà… il faudriat expliquer à cette dame que cette élection n’est pas là pour lui permettre de se faire plaisir. J’adore les campagnes déclare-t-elle. Elle ajoute qu’elle estime que Martine Aubry devrait conduire la liste socialiste dans le Nord. « C’est le rôle du premier secrétaire de s’engager directement dans la bataille ».

Or, j’ai du mal à croire que Ségolène Royal, pas plus que Martine Aubry n’aient le souhait de siéger cinq ans au Parlement européne et d’y faire le travail très prenant et parfois ingrat d’un eurodéputé.

Royal ne parle pas d’ailleurs de candidature à la fonction de député européen maisseulement de mener une liste. Du rôle et des missions du Parlement européen, de l’ambition qui doit être celle des socialistes pour la prochaine législature de cette institution dont le rôle est désormais essentiel, on n’apprend rien.

Si donc Ségolène Royal est candidate pour effectivement devenir député européen tant mieux et bravo. S’il ne s’agit que d’une candidature à profiter de l’espace médiatique de la campagne avec comme projet de démissionner de l’assemblée européenne  deux mois après l’élection, non merci. Ni le PS ni le Parlement européen n’ont besoins d’eurodéputés bidons.

Monday 1 December 2008

Élections européennes : le PSE déclare forfait

On apprend que le PSE a renoncé à présenter un candidat contre J.M. Barroso lors des prochaines élections européennes. Le Parti des Socialistes Européens soutiens donc de facto la reconduction du sortant.

Je publie ce jour sur Publius une note sur le sujet : À quoi sert le PSE ?

Mise à jour : j’ai publié le 20 décembre sur le Taurillon une mise à jour de ce billet : Le PSE doit présenter un candidat à la présidence de la Commission européenne.

Lire aussi sur le sujet :


Monday 24 November 2008

Edward Murphy élu Premier secrétaire du PS

Les socialistes français ont été victime ce vendredi de la célèbre loi de Murphy ou loi de l’emmerdement maximal (les puristes diront toutefois qu’il s’agit plutôt en l’espèce de la loi de Finagle [en]). C’est bien au pire moment que le pire est arrivé.

Au départ les socialistes partent d’un postuylat plutôt sain : organisons le débat d’idée au sein du parti, à l’aide des motions, puis demandons aux adhérents de désigner au suffrage universel direct le Premier secrétaire, c’est à dire celui que l’on va inviter au 20h pour représenter le PS.

Celà était déjà mal parti, les motions s’étant avérées au final plus des rassemblements hétéroclites de personnalités autour d’un présidentiable que des regroupements autours de projets politiques distincts. Au final, seul le rassemblement des gauchistes du parti autour de Hamon se différenciait clairement d’un point de vue idéologique, les trois motions arrivées en tête partageant  une même orientation globalement réformiste.

Adhésion à la nouvelle déclaration de principe du PS, c’est à dire à la vision d’une économie sociale de marché plutôt qu’à la vulgate à connotation révolutionnaire pseudo-marxiste qui tenait lieu d’orientation théorique du PS auparavant, les motions A, D et E ont rassemblées une large majorité des voix. Ceci est le premier point positif de ce processus : il démontre que plus de 80% des adhérents se reconnaissent dans une orientation putôt social-démocrate. De cette évidence qui n’a pas été assez soulignée montre que l’évolution vers la modernité du PS est réelle, même si elle reste trop lente. Un heureux évènement est venu marquer ce résultat avec le départ de Jean-Luc Mélenchon parti créer sa propre chapelle à l’extrême-gauche sous ce prétexte.

À partir de là un rassemblement était potentiellement possible. Hélas l’ensemble du processus a été détourné par des écuries en vue de préempter la désignation du candidat du PS à l’élection présidentielle de 2012, laquelle était pourtant prévue en 2011. En cédant à ce mécanisme pervers et en tentant d’importer le présidentialisme de la Ve République au sein du parti, l’enjeu du scrutin a été détourné et celui-ci faussé.

Certains, à commencer par Pierre Moscovici, ont tenté en vain de s’opposer à cet engrenage infernale initié par la candidature de Ségolène Royal. Cette dernière, pourtant défaite par Nicolas Sarkozy en 2007 dans une élection pourtant favorable a priori à la gauche, tentait de s’emparer du parti pour servir ses ambitions présidentielles. À partir de là les autres présidentiables du PS se sont naturellement mis sur les rangs.

La raison aurait dû l’emporter à Reims. En présentant au poste de Premier secrétaire une personnalité qui ne soit pas un présidentiable, il eut été possible de rassembler les réformistes largement majoritaires. En s’obstinant, en dépit de ce qu’elle avait annoncé avant le vote sur les motions, à se mettre en avant, alors que la motion dont elle était signataire n’avait obtenu que quelques point d’avance, Ségolène Royal a précipité la catastrophe.

Toutefois une sortie de crise était possible avec l’élection du Premier secrétaire. Un vote clair eut permis de mettre en sourdine provisoirement les ambitions et de remettre le parti au travail. Il y a du boulot pour s’opposer à la politique autoritariste du gouvernement comme pour préparer la prochaine échéance électorale, l’élection des eurodéputés, dont l’enjeu est considérable compte tenu des pouvoir désormais très significatifs du Parlement dans les institutions de l’Union.

C’est là qu’Edward Murphy est intervenu. En séparant la candidate qui a emporté le vote de sa rivale de quelques dizaines de voix au plus, c’est une péripétie improbable et aux conséquences désatreuse qui vient frapper le Parti Socialiste.

Nul n’est responsable de cette situation et il n’est guère juste de moquer le PS pour cet indident. Là où l’UMP ou le Modem désignent leur chef dans des conditions soviétiques, par l’acclamation d’un candidat unique, les socialites cherchent à mettre en oeuvre les principes du vote démocratique et de garantir en leur sein un véritable pluralisme plutôt que d’être un parti de supporters. L’étroitesse du résultat est une circonstance qui n’enlève rien au bien fondé du processus électoral.

Pourtant compte tenu de l’enjeu en terme d’image pour le parti, les comportements observés depuis la proclamation des résultats provisoires est consternant. Les accusations de fraudes, les thèses complotistes formulées avec des trémolos dans la voix n’honorent pas leurs auteurs. Si il y a eu ponctuellement des erreurs voire des indélicatesses elles ont eu nécéssairement lieu dans les deux sens. Les instances compétentes vont trancher lundi et mardi sur les cas de contestation. Il faut donc raison garder et attendre le résultat de ces délibérations. D’ici là les accusations, procès d’intention, grands mots et petites phrases doivent être contenus. Il est indigne de voir certains parler de procès avant même que les instances du parti ne se soient prononcées.

Lire aussi :

Friday 14 November 2008

Le PS dans tout ses états

Les péripéties du Congrès socialistes n’en finissent pas. Il semble que rien ne sera résolu avant le vote des militants adhérents les 20 et 21 novembre prochain, ils élisent en effet directement le premier secrétaire,  et non pas lors du Congrès de ce weekend.

La situation de départ est un vote sur les motions ou auxcune d’entre elle n’a pu se positionner comme majoritaire, les trois motions réformistes, arrivées en tête étant séparées seulement par quelques milliers de voix.

Pour autant, Madame Royal s’efforce de s’imposer à la tête du Parti en profitant des quelques points d’avance obtenus lors de ce vote, sachant qu’elle est très loin d’être majoritaire, 71% des suffrages ayant été accordés à ses adversaires. Ceci est d’autant plus étonnant qu’une partie de ses alliés avaient auparavant indiqué qu’ils ne souhaitaient pas d’un présidentiable à la tête du PS. Or Madame Royal est une présidentiable, en tout cas si l’on entend par là la capacité à être candidate à la présidentielle et non pas la capacité à être élue.

L’hypothèse de la candidature de Ségolène Royal est donc de ce point de vue une provocation susceptible de transformer le Congrès non pas en lieu de choix d’une orientation politique et de désignation de la direction du parti mais en primaire présidentielle anticipée. L’expérience et certains des propos de la candidate nous font penser qu’une fois arrivée à la direction du partir elle verouillera celui-ci de telle manière que les vraies primaires, en 2011 seront jouées d’avance. 

Cette situation est particulièrement inquiétante. L’alternative est entre un Congrès d’affrontement d’une part ou confier le parti à Madame Royal d’autre part au risque de voir Nicolas Sarkozy diriger le  pays jusqu’en 2017.

Il faut toutefois prendre en compte les éléments suivants :

  • On en peut adhérer au Tout sauf Ségolène. Si les seuls candidats sont Madame Royal ou Benoit Hamon, il faudra naturellement porter ses suffrages sur la candidate réformiste pour réduire au maximum le score du représentant des archaïques du PS.
  • De la même manière, une coalition anti-Royal qui ferait des gauchistes rassemblés autour de Hamon des membres de la majorité, leur donnant ainsi un poids disproportionné, n’est pas souhaitable pour la modernistation du partie socialiste. L’antipathie que suscite la personne de Ségolène Royal ne justifie pas tout.
  • Si la personnalité de Ségolène Royal est inquiétante, on trouve parmi ceux qui l’accompagne des personnalités brillantes comme par exemple Manuel Valls. Un succès de sa part serait sans doute un facteur de rénovation. Le problème est que d’un point de vue idéologique les coups de barre à droite - comme lors de la présidentielle - ou à gauche - quand Bertrand Delanoë réhabilite le thème de la liberté comme un thème de gauche - nous laissent dans le flou le plus complet.
  • Le thème des alliances du PS est un faux débats. Le PS est déjà allié au Modem dans plusieurs grandes villes. Le Modem est désormais très clairement dans l’opposition. Le rassemblement anti-UMP que devra diriger le PS devra donc inclure ce nouveau parti. Par ailleurs, sur le fond, ce dernier reste beaucoup plus fréquentable que certains alliés actuels du PS, notamment les communistes. Il est regrettable que l’anti-ségolénisme se focalise là dessus, ce n’est pas comme si l’on manquait de raisons de ne pas souhaiter le succès de Madame Royal.


Au final, nous ne serons fixés que ce dimanche. Espérons que d’ici là une candidature alternative susceptible de battre Madame Royal sans pour autant pactiser directement avec les hamonistes saura émerger.

Lire aussi sur ce sujet :

Post Scriptum :

Mentionnons au passage le départ de M. Mélenchon du PS. Ne gâchons pas notre plaisir. Même si le vote et le Congrès n’est qu’un prétexte, ce départ ayant été préparé de longue date, on ne peut que le célébrer. Il est le symptome que en fin de compte la rénovation du PS avance. Vous pouvez rejoindre le groupe Facebook : Champagne ! Mélenchon quitte le PS !

Friday 7 November 2008

Le vote des militants socialistes ne résout rien

Les socialistes votaient hier pour élire leurs représentants à travers les six motions qui leur étaient présentées. Les résultats ne permettent pas aujourd’hui de distinguer une ligne claire qui puisse sortir le parti de l’incertitude d’ici au Congrès de Reims. L’issue de ce rendez-vous, du 14 au 16 novembre prochain, reste donc incertaine.

Aucune liste n’a obtenu de score suffisant pour prétendre être le pôle unique d’une majorité, même si Madame Royal va sans doute tenter d’y prétendre sous prétexte de quelques points d’avance de la motion présentée par. Les difficultés du PS ne sont donc pas terminées avec ce vote puisque trois motions font un score comparable.

En réalité, c’est au final une large synthèse qui serait souhaitable, rassemblant les trois motions qui sur le fond ne se distinguent guère, prônant toutes une forme de social-démocratie, c’est à dire l’adhésion à une économie sociale de marché. Plus de 80% des militants se sont prononcés en leur faveur ce qui souligne que le PS dispose bien d’une cohérence idéologique forte. On ne peut le nier même si l’on peut regretter le score excessif, à 19%, de la motion menée par Benoit Hamon qui rassemblait les partisans d’une vision archaïque du socialisme : les marxistes non repentis, les tiersmondistes, les sociaux-nationalistes et les partisans d’un dialogue avec l’extrême-gauche. Ceux là sont en effet trop nombreux mais sont très largement majoritaire. Espérons qu’aucun responsable des motions en tête n’aura l’irresponsabilité de pactiser avec eux.

L’équilibre du score des motions rend la préparation du Congrès difficile mais a l’avantage ne ne pas permettre à qui que ce soit de prétendre légitimement pouvoir se positionner comme le candidat naturel du PS pour les prochaines élections présidentielles. Comme l’avait défendu Pierre Moscovici, il serait souhaitable que le nouveau Premier secrétaire ne soit pas l’un des présidentiables du moment mais une personnalité dont la mission soit de poursuivre la rénovation du PS, déjà commencée avec l’adoption de la nouvelle déclaration de principe venant reléguer aux poubelles de l’histoire la rhétorique marxisante du passé. La priorité doit être à la construction d’un PS qui soit capable de formuler une ligne cohérente et lisible et de faire des propositions avant de désignerun porte-parole. Si la synthèse des motions arrivées en tête peut permettre une telle issue, alors le PS peut s’en sortir, même si au PS le meilleur n’est jamais sur.

Lire aussi :

Sur le Taurillon, l’analyse du discours européen, ou plutôt de son absence coupable, dans les motions présentées.

Monday 29 September 2008

Le show déroutant de madame Royal

Les images du meeting organisé ce weekend par Ségolène Royal sont extrêmement surprenantes. La rencontre était plus un spectacle-concert qu’une réunion politique, mais l’intervention de l’ancienne candidate socialiste de 2007 tenait, elle, plus du show d’un comédien de cabaret que d’un discours politique. À la gestuelle christique que nous connaissions déjà trop, s’est ajouté une chorégraphie déroutante.

À trop vouloir se démarquer, on risque de tomber dans le n’importe quoi et le pathétique. N’est pas Cindy Lauper qui veut. 

Au delà de l’excentricité de la forme, il faut surtout constater le vide absolu du fond. Ces gesticulations ne font pas avancer le débat politique. Le plus regrettable dans cette affaire est que je suis obligé de me trouver d’accord avec Henri Emmanuelli (vf. les réactions dans Le Monde).

Pour ceux qui n’ont pas vu le show en question en voici un extrait pour vous faire une idée :

Wednesday 24 September 2008

Les sables mouvants du PS

Le PS français d’enfonce tout doucement et le dépôt des motions confirme ce que l’on craignait : le prochain congrès sera une primaire présidentielle déguisée.

Pierre Moscovivi, déserté par tous ses alliés de poids, ralliés aux uns ou aux autres, a donc renoncé à offrir une alternative aux adhérents socialistes et a apporté son soutien à Delanoë. Ce choix est compréhensible toutefois il relève de ce “réalisme” qui lui avait déjà été reproché au Mouvement européen. Mieux vaut à mon sens avoir raison contre tous quite à traverser provisoirement un désert. Les seules batailles perdues d’avance sont on le sait celles que l’on renonce à mener. Déception donc.

Il convient tout de même de remercier Pierre Moscovici d’avoir su animer cette précampagne et porté le message de ceux que consterne cette présidentialisation du PS qui vient marquer la soumission au régime de la Ve République alors que le PS devrait promouvoir la 6e.

Le choix des socialistes est désormais réduit à un concours de beauté entre présidentiables, tant il est difficile d’identifier les différences idéologiques entre les trois principaux candidats. Le bon côté des choses est bien sur qu’il est rassurant de constater une certaine cohérence du Parti socialiste. Le  réformisme social-démocrate semble devoir l’emporter et l’enjeu du point de vue des idées sera de voir dans quelle mesure les gauchistes rassemblés autour de Benoît Hamon sont effectivement minoritaires. Ce dernier a réussi à rassembler tous les archaïques du parti autour de lui : nonistes, sociaux-nationalistes, partisans du rapprochement avec l’extrême gauche sont tous là. Il reste à espérer pour le PS que leur score soit le plus misérable possible.

Martine Aubry étant alliée à Fabius, il ne reste donc pour le PS qu’un choix entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. Du point de vue de la personnalité et des compétences, le choix est vite fait. En revanche les postures adoptées au cours des derniers mois peuvent faire hésiter, notamment sur la question des alliances. Alors que Ségolène Royal a mentionné l’hypothèse d’un rapprochement avec le Modem, hypothèse naturelle  pour une gauche réformiste et se situant aussi dans la logique des institutions qui devrait pousser l’opposition à se rassembler ; Bertrand Delanoë a toujours privilégié dans un rigoureux traditionnalisme jospiniste, l’alliance avec le PCF, pourtant le plus ringard d’Europe, y compris aux dépens des Verts, parti plus moderne et mieux implanté à Paris dont il est le maire. Cette attitude peut inquiéter alors que l’on aura besoin de toute l’opposition démocratique à Nicolas Sarkozy pour espérer voir celui-ci battu en 2012.

Le Congrès sera donc un échec : non seulement il verra un affrontement entre des têtes de file a priori peu différentiables sur les questions de fond mais en outre il se situera dans une logique présidentialiste laissant celui qui sortira du chapeau servir de cible en interne et en externe pendant les longues années qui nous séparent de l’élection présidentielle. Il ou elle ne pourra dès lors qu’être tenté par un autoritarisme qui tuera le débat d’idée au lieu de l’encourager.

Les conséquences du pré-congrès sont déjà consternantes : le PS  est muet face aux initiatives de la droite, se laissant déborder par le Modem sur Edvige ou par l’extrême-gauche sur la Poste. Du coup pour compenser, il a adopté un comportement irresponsable sur l’Afghanistan en faisant de la surenchère et en sombrant dans le piège de l’opposition frontale. Le vote contre la poursuite de la mission française dans la guerre contre le terrorisme, tout en expliquant que ce votre Non ne veut pas dire Non est illisible et particulièrement regrettable. Ce vote est irresponsable envers nos alliés qui voient la France comme un partenaire moins fiable puisque une alternance mènerait au pouvoir un parti aux positions ambigües, irresponsable envers les soldats français pour lesquels faire croire que des victimes dans leurs rangs sont susceptibles de provoquer une retraite de l’ensemble de leur contingent en fait potentiellement des cibles privilégiées, irresponsable en vers la population afghane pour lesquelles un retrait des forces internationales signifierais le retour d’une dictature barbare. Lire dans ce contexte, comme dans l’article de Libération, que l’objectif était de ne pas radicaliser les gauchistes du PS dans la perspective du Congrès, a de quoi agacer. Le cercle vicieux d’une cure d’opposition prolongée est d’adopter une culture d’opposition plutôt qu’une culture de gouvernement. Rien de tel pour prolonger le séjour dans la dite opposition.

On regrette l’immobilisme du PS. Mais dès qu’il bouge en ce moment, il s’enfonce encore plus.

Lire aussi :

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