Valéry-Xavier Lentz.eu

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Tag - européennes 2009

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Thursday 11 June 2009

Vers des primaires ouvertes pour désigner le candidat de la gauche en 2012

La désagréable surprise des socialistes au soir du dimanche 7 juin a suscité bon nombre de commentaires et de réflexions. Après le 21 avril et la défaite de sa candidate à l'élection présidentielle, le PS recherche désespérément les moyens de réussir sa rénovation. D'ores et déjà, c'est plus une refondation que l'on évoque, voire un dépassement du Parti.

L'échec du Conseil national de mardi à proposer quoi que ce soit à la hauteur de l'enjeu n'a fait qu'accentuer la grogne.

Ains Manuel Valls propose dans Libération  «une nouvelle formation politique qui dépasse le PS actuel». L'idée est pertinente tant le défaut du PS est d'être focalisé sur ses querelles internes et de fonctionner uniquement dans la logique des institutions internes qu'il s'est créer. Un big bang partisan peut lui permettre d'élargir son horizon, d'accueillir de nouvelles tendances ou de nouvelles têtes. Autre avantage : la nouvelle formation devrait prendre un autre nom, abandonnant ainsi le mot ringard de socialisme qui évoque le 19e siècle et le marxisme, pourtant enfin abandonnés de la déclaration de principe du PS. 

Pierre Moscovici, dans un billet au titre évoquant la perestroika : Maison commune, se livre pour sa part à l'une se ses analyses à la fois sans concession envers les dirigeants du parti socialiste et toujours très pondérée. Il s'efforçe en effet d'entrée de trouver des points positifs au Conseil national de mardi : on ne s'y est pas déchiré. En effet, c'est déjà ça. Naturellement on ne peut se contenter du constat que personne n'a voulu prendre la responsabilité d'ajouter la crise à la crise (enfin à part Malek Boutih). 

Toutefois Moscovici se contente de solutions socialo-socialistes : « La maison commune qu'il faut reconstruire, en priorité, c'est le Parti socialiste », afin de ne pas faire renaître la querelle des alliances – provisoirement en suspens après l'échec très relatif de Bayrou aux européennes – en appelant à un travail sur les idées qu'il se dit prêt à animer. Il faut bien en effet que quelqu'un s'y mette si l'on doit sortit des incantations.

Plus intéressant, il semble que l'idée de primaires ouvertes – c'est à dire où le choix du candidat de la gauche (comprendre du PS) ne soit pas réservé à ses seuls militants – ait désormais le vent en poupe.

Une pétition est lancée aujourd'hui sur le sujet :

http://primairesouvertes.fr/

Pour la signer, vous recevrez comme souvent un mail de confirmation où il faut cliquer sur un lien pour que la signature soit validée. Relisez donc l'adresse mail saisie avant de de valider et consultez votre boite anti-spam si vous ne le recevez pas.

Les deux approches sont assez différentes toutefois elles révèlent une prise de conscience que le PS ne peut, seul, emporter la victoire et qu'il doit faire appel à des ressources extérieures, sympathisants voir personnalités ou autres organisations  pour le renforcer, en les associant, au miimum par ces primaires, ou plus par la refondation d'un nouveau parti, un peu comme le PS avait été un dépasssement de l'ancienne SFIO au profit d'un rassemblement plus vaste.

Ce n'est pas gagné.. le PS doit lutter contre un conservatisme interne monumental. Son immobilisme depuis 2002 l'a prouvé alors que le choc du 21 avril aurait dû susciter du changement. Il est temps désormais d'agir, c'est peut être la dernière chance de ce parti.

Sunday 26 April 2009

Passe d'arme entre Pierre Moscovici et Jean Quatremer

Suite à un entretien accordé par l'ancien ministre des Affaires européennes Pierre Moscovici au quotidien Libération, le journaliste Jean Quatremer a réagi à certains propos tenus sur son blog : Moscovici et Dati, la poutre et la paille.

Selon Pierre Moscovici, "Etre député européen n’est pas une voie de garage pour des courtisans en défaveur". Il conclut l'entretien en déclarant : "Quand on ne respecte pas ses fonctions, il est logique qu’on soit jugé".

C'est précisément ce que fait Jean Quatremer dans son billet où il rappelle comment, élus député européen à deux reprises, il a interrompu à chaque fois son mandat pour exercer d'autres fonctions.

On aurait pu en rester là : un blogueur, fut-il éminent et journaliste, critique la parole d'un responsable politique. Toutefois Pierre Moscovici, lui aussi blogueur, a choisi de répondre comme le font les blogueurs : dans un commentaire.

La première réaction est de se féliciter de cet échange direct entre l'élu et celui qui commente ses propos. Toutefois, plutôt que de défendre ses choix, et son propos, comme il en a le droit, et comme il a pu le faire par le passé, Pierre a préféré accuser Jean de mesquinerie et de rancune plutôt que de répondre directement au billet. 

Pierre Moscovici est sans le moindre doute l'un des meilleurs des socialistes. Ses analyses sont justes, pertinentes et équilibrée. Il est celui qui avait, lors du Congrès de Reims, prévu et tenté d'empêcher, le catastrophique affrontement entre présidentiables auquel nous avons assisté. Il se prépare aujourd'hui à lancer son propre courant avec ceux qui se reconnaissent dans sa démarche. Le Parti socialiste a un besoin impérieux d'un homme de sa qualité afin de pouvoir se rénover idéologiquement et prétendre à regagner sa crédibilité en tant que parti de gouvernement.

Naturellement, en tant que responsable politique, il est observé. Son action et ses propos sont commentés et critiqués. Il ne trouvera jamais grâce aux yeux de certains. D'autres l'approuveront systématiquement et sans réserve. Entre les deux, de nombreux observateurs reconnaîtront ses qualités sans pour autant lui épargner des critiques ponctuelles, lesquelles peuvent même dans certains cas s'avérer en partie justifiées. Face à ces critiques il faut inlassablement expliquer et chercher à convaincre, pas nécessairement considérer que les émettre est symptomatique de mauvaise foi ou d'hostilité. Le risque pour Pierre serait de passer pour un Alain Juppé de gauche, toujours droit dans ses bottes, ou au mieux un François Bayrou, convaincu d'avoir raison contre tous. Il est j'en suis convaincu bien meilleur.

Pour revenir à l'incident en lui même, Pierre Moscovici et les socialistes ont raison de juger avec la plus grande sévérité le comportement de Rachida Dati et à travers elle celui de Nicolas Sarkozy. Lequel, après avoir prétendu qu'il était indispensable de nommer au Parlement européen les meilleurs, nous impose Rachida Dati.

Dans ce contexte, le titre du billet de Jean Quatremer peut être considéré comme particulièrement injuste. Les dérapages de la candidate UMP démontrent l'insouciance coupable et l'incompétence inexcusable de celle-ci. Cela n'a rien d'une "paille" pour qui attends de ses élus qu'ils soient à la hauteur du mandat qu'il prétend exercer. Pierre Moscovici l'était sans contestation. On peut regretter qu'il ait choisi d'y renoncer précisément pour cela. Mme. Dati le sera-t-elle ? Il est permis aujourd'hui d'en douter et de le dire.

M.à.J. : l'incident a été mentionné par le site Arrêt sur Images : http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=4200

Saturday 17 January 2009

Ségolène Royal candidate aux élections européennes ?

J’apprends, à la lecture du blog Puzzle socialiste que Ségolène Royal aurait proposé de participer à l’élection européenne. Je ne dispose que des extraits retenus par Michel Noblecourt pour me faire une opinion. Sur cette base, elle ne peut être que de l’inquiétude.

Ségolène Royal ne m’inspire pas d’antipathie a priori, surtout de l’agacement. J’estime donc que ce serait une excellent chose qu’une personnalité de cette envergure soit impliquée dans la campagne européenne afin de donner à cette élection une plus grande visibilité.

Il serait en outre très appréciables que des personnalités politiques majeures siègent au Parlement européen. Cela renforcerait le groupe socialiste et la délégation française, notamment lorsque Michel Rocard prend sa retraite politique (lire l’excellent billet de Pierre Moscovici à son sujet).

seulement voilà… il faudriat expliquer à cette dame que cette élection n’est pas là pour lui permettre de se faire plaisir. J’adore les campagnes déclare-t-elle. Elle ajoute qu’elle estime que Martine Aubry devrait conduire la liste socialiste dans le Nord. « C’est le rôle du premier secrétaire de s’engager directement dans la bataille ».

Or, j’ai du mal à croire que Ségolène Royal, pas plus que Martine Aubry n’aient le souhait de siéger cinq ans au Parlement européne et d’y faire le travail très prenant et parfois ingrat d’un eurodéputé.

Royal ne parle pas d’ailleurs de candidature à la fonction de député européen maisseulement de mener une liste. Du rôle et des missions du Parlement européen, de l’ambition qui doit être celle des socialistes pour la prochaine législature de cette institution dont le rôle est désormais essentiel, on n’apprend rien.

Si donc Ségolène Royal est candidate pour effectivement devenir député européen tant mieux et bravo. S’il ne s’agit que d’une candidature à profiter de l’espace médiatique de la campagne avec comme projet de démissionner de l’assemblée européenne  deux mois après l’élection, non merci. Ni le PS ni le Parlement européen n’ont besoins d’eurodéputés bidons.

Monday 1 December 2008

Élections européennes : le PSE déclare forfait

On apprend que le PSE a renoncé à présenter un candidat contre J.M. Barroso lors des prochaines élections européennes. Le Parti des Socialistes Européens soutiens donc de facto la reconduction du sortant.

Je publie ce jour sur Publius une note sur le sujet : À quoi sert le PSE ?

Mise à jour : j’ai publié le 20 décembre sur le Taurillon une mise à jour de ce billet : Le PSE doit présenter un candidat à la présidence de la Commission européenne.

Lire aussi sur le sujet :


Sunday 21 September 2008

Le Parlement européen lance sa webTV

Alors que la télévision française prouve sa médiocrité en ne couvrant pas à sa juste mesure les travaux pourtant souvent essentiels des eurodéputés, on ne peut que se réjouir du lancement de la télévision web du Parlement européen (via e-toile).

Un bon moyen de se tenir au courant de l’actualité européenne et des travaux des eurodéputés, donc, même si je préfère pour ma part parcourir les excellentes synthèses sur site europarl.europa.eu que de regardfer des vidéos. La densité d’information est toujours plus forte à l’écrit. Toutefois il est plutôt agréable d’entre les eurodéputés qui s’expriment dans ces vidéos.

Le Parlement européen assure donc un travail d’information et de communication essentiel sur le web et produit des sites assez agréables à utiliser avec surtout une attention très forte à la qualité du contenu qui tranche avec la plupart des sites institutionnels.

Quelques regrets cependant :

  • comme sur europarl, europarltv ne propose pas de fil RSS. Alors que tous les navigateurs modernes intègrent désormais cette technique, une telle absence est incompéhensible. Le site devrait proposer non seulement du RSS mais aussi beaucoup de RSS : un par rubrique ou par thème, pour que tous ceux qui souhaitent suivre l’actualité du Parlement européen puissent le faire sans avoir à se connecter sur le site pour autant.
  • le menu de langue et la recherche sont placés au dessus de la fenêtredu navigateur, sur toute sa largeur et sur fond gris, ce qui fait que l’on ne les aperçoit pas forcément facilement, car ils se confondent visuellement avec l’interface du navigateur. On n’a de plus pas de principe de navigation commun entre les différents sites du Parlement européen où ces élements sont situés plus proches du menu principal de navigation.

  • Plus grave, les vidéos sont proposées par défaut au format Window media player…

  • Il faut donc pour pouvoir les lires dans de bonnes conditions si l’on utilise pas Explorer, découvrir un discret menu de configuration sous la vidéo qui permet de choisir un format flash. Le site devrait proposer par défaut le format flash. Il s’agit aussi d’un format propriétaire mais au moins il est multiplateforme. Bon point : on peut choisir la langue des sous-titres indépendamment de celle de l’interface.

  • Enfin, le lien “code imbriqué” ne propose pas du tout le code pour imbriquer la vidéo sur un autre site mais indique seulement l’URL de la vidéo. Dommage pour la diffusion de ces reportages. Compter sur la disponibilité d’un player sur le site distant en ne fournissant qu’une URL est insuffisant. J’espère que le Parlement les placera aussi sur Youtube ou Dailymotion. Compte tenu des investissements dans la production de contenu, autant qu’un maximum de citoyens européens puissent y avoir accès même s’ils n’ont pas le réflexe de se connecter sur ce site.
Pour finir et pour se faire plaisir : voir par ici la vidéo sur Altiero Spinelli qui inaugure une série “Européens célèbres”.

Wednesday 20 August 2008

Les Verts doivent-ils présenter une liste Frankenstein ?

Avant de débuter cette note, je dois d’abord préciser que Daniel Cohn-Bendit est l’une des personnalités politiques pour laquelle j’ai la plus grande sympathie, et dont je partage la plupart du temps les analyses. Je suis toutefois dubitatif sur l’idée, discutée en ce moment même par les Verts, de présenter des listes aux élections européennes qui rassembleraient outre Daniel Cohn-Bendit les deux arlésiennes de la dernière élection présidentielle française : Nicolas Hulot et José Bové.

Co-président des Verts au niveau européen et ancienne tête de liste des Verts en France en 1999, lesquels avaient obtenus alors l’excellent score de 9,72% des voix, Cohn-Bendit a toute légitimité pour apporter sa contribution au débat pré-électoral au sein de son parti. Le constat de l’échec des écologistes en 2007, Dominique Voynet avait rassemblé seulement 1,57% alors que les thèmes des Verts étaient au coeur du débat, mérite réflexion.

La solution proposée laisse cependant songeur. Rassembler l’éphémère star des sondages de l’avant-présidentielle et l’agitateur d’extrême-gauche autour de Dany le Vert dans une liste Frankenstein me semble une fausse bonne idée. Le rassemblement de personnalités aussi hétéroclites ne peut que brouiller l’image de l’écologie politique. L’addition des contraires donne une somme nulle. Ceux qui à gauche et au centre pourraient être attirés par un Daniel Cohn-Bendit réformateur, progressiste et pro-européen seront inévitablement repoussés par le gauchisme anti-européen d’un Bové. Ceux qui font généralement confiance aux Verts incarnant l’écologie politique feront-ils confiance à un Nicolas Hulot à l’image apolitique et purement environnementaliste ?

La tentation de faire un coup médiatique et électoraliste incertain l’emportera-t-elle ? Il faut prendre en compte, outre l’aspect aléatoire de l’opération, plusieurs autres facteurs :

  • l’élection européenne, à la proportionnelle, est plus favorable aux écologistes que l’élection présidentielle. Celle de 2007 a sans doute aussi subit le contrecoup du 21 avril 2002, incitant le regroupement autour des principaux candidats désignés par les sondeurs. Rien ne dit que en épit de la déception de la présidentielle, les Verts ne retrouvent pas aux européennes leur niveau habituel.
  • l’objectif d’une élection est de faire siéger des députés venant défendre les idées du parti qui les a fait élire. Quel sera la position de Hulot ou Bové une fois sur les bancs du Parlement à Bruxelles (voire à Strasbourg si le toit est réparé un jour) ? Siègeront-ils avec les écologistes ? Respecteront-ils la discipline de vote du groupe ?
  • la mise en avant de personnalités médiatiques, dont aucune n’est membre des Verts français, ne doit pas occulter ou mettre en péril la ré-élection des eurodéputés écologistes sortant dont le travail s’est avéré excellent, comme par exemple le francilien Alain Lipietz ou encore Marie Anne Isler Beguin (qui était encore il y a quelques jours en mission d’observation dans la Géorgie envahie par la Russie).
  • Enfin et surtout l’élection européenne est avant tout européenne. L’attelage étonnant proposé ici est surtout à usage franco-français et sera-t-il capable de mettre en avant les positions des Verts européens alors qu’il semble potentiellement surtout susceptible de provoquer des polémiques microcosmiques.
Noël Mamère prétend que “les Verts ne peuvent pas dire non à Cohn-Bendit”. N’étant pas directement concerné, je ne me  prononcerait pas directement sur la question, mais à leur place j’hésiterais quand même à céder à cette idée-gadget.