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Monday 10 May 2010

Premiers jours avec un téléphone Androïd

Il était grand temps de se débarrasser de ce HTC DualTouch, un soi-disant smartphone sous Windows Mobile. Cette abomination ergonomique n'apportait pas même satisfaction pour le minimum que l'on aurait pu en attendre : la compatibilité avec Windows et Outlook. Arrivé en fin d'engagement j'ai donc tout naturellement téléphoné à SFR pour résilier... ou obtenir un Androphone dans les conditions des nouveaux abonnés.

Je teste donc depuis quelque jours le HTC Legend sous Androïd, l'OS mobile de Google. Pour l'instant la satisfaction est totale :

  • un écran lumineux et net, très réactif ;
  • un système d'exploitation simple et intuitif ;
  • des applications abondantes et simples à installer et désinstaller ;
  • une connexion plug and play au PC ;
  • la synchronisation avec les application Google et les principaux réseaux sociaux, soit par des applications livrées avec le téléphone (Google, Facebook, Flickr) soit installées depuis l'Android Market (Foursquare, Diigo). Les fonctions de partage (de liens, de photos) sont également branchées directement sur ces destinations ;
  • Enfin et surtout la possibilité de se connecter en WiFi tant le web mobile est une aimable fiction quand seule la 3G est disponible.
Quant au hardware, il est superbe et solide.
Les applications que j'ai testé sont de quatre types :
  • seul reproche, mineur est que l'OS est tellement simplifié que certaines fonctionnalités de base nécessitent l'installation d'une application : fermer les applications ou l'explorateur de fichier par exemple...
  • des applications sociales ou de communication supplémentaires : Foursquare, partage de liens vers Diigo, utilisation MSN Live messenger...
  • des appli liées au contenu : Le Monde, ou Rue89 qui permettent de télécharger des contenus et de les consulter hors connexion, ou ZD Net ;
  • des "gadgets" comme le lecteur de QR codes ou le nouveau et bluffant Google Goggles, dont le moindre intérêt n'est pas de dégouter les possesseurs de iphone qui n'y ont pas accès.

Les fameuses Goggles permettent de reconnaître, via l'appareil photo du téléphone faisant office de scanner, la couverture d'un livre ou d'un ouvrage, ou son titre, un code barre, un logo... et de mener à une page de résultats de recherche correspondant. On peut aussi insérer dans son annuaire les coordonnées présentes sur une carte de visite, et surtout sélectionner un texte et en obtenir la traduction. On frémit à l'idée que de telles technologies puissent être à terme couplée à celles de reconnaissance des visages.

Petite déception avec Opera Mini, que j'utilisais sur Windows Mobile : il ne reconnaît pas le multitouch. Son système d'onglets restent toutefois meilleur que celui du navigateur par défaut, mais ce dernier est tellement bien intégré aux autres fonctionnalités qu'on a plutôt tendance à l'utiliser. Fennec, version mobile de Frefox est disponible en version alpha. Je l'installe dès la beta.

Dans les conditions idéales, batterie pleine et connecté au WiFi du domicile, l'appareil est parfait : radio, vidéo, musique, navigation web, etc. s'utilisent confortablement installé sur le canapé. Du coup la perspective de voir des tablettes sous Androïd sortir prochainement (et pas en 7 pouces avec la version 1.5 comme chez Archos) est enthousiasmante, sous réserve que les prix soient plus raisonnables que ceux du iPad (soyons sérieux, on ne peux pas payer plus cher qu'un netbook, une machine qui a beaucoup moins de fonctions, bel écran tactile ou non).

Le reste du temps, on doit surveiller la batterie (un widget permet de désactiver les fonctions qui consomment de l'énergie lorsqu'on utilise pas la machine), et renoncer à utiliser le web tant qu'un réseau WiFi n'est pas disponible : la 3G n'est tolérable que pour des situations de dépannage. Le web mobile finalement en est au stade de la téléphonie mobile du temps du Bi-Bop.

Le succès des applications mobiles et tablette(s), comme des applications desktop connectées font conclure à certains que au final, le web c'est naze, et que les standards freinent le progrès plus qu'autre chose. Pour lire ce joli troll (en anglais) : The web sucks. Browsers need to innovate.

Sunday 17 January 2010

Le Parti socialiste français lance La Coopol, un réseau social prometteur

C'est la mode. Mais c'est aussi une nécessité pour une organisation politique: le Parti socialiste français lançait la semaine dernière son réseau social : http://www.lacoopol.fr/

Ce lancement s'inscrit dans une stratégie globale de communication numérique pour le PS, il est couplé avec celui d'un site rénové pour le : http://www.parti-socialiste.fr/ 

C'est tout naturellement que la campagne de Barack Obama est évoquée par les créateurs du site comme l'une de leurs références dans la mise en place de cette démarche. Au delà d'un réseau social en ligne, l'objectif est de faire le lien entre les militants sur le terrain (voir ici l'interview de Benoit Thieulin par Le Figaro). 

Disons le tout de suite, cette opération est une réussite, notamment en contraste avec le très étrange Créateurs de possibles de l'UMP ou le nouveau site très fouilli du parti conservateur.

La Coopol, ou Coopérative politique, se veut plus classiquement un réseau social avec les fonctionnalités désormais classiques : création et gestion d'un profil, les amis, les groupes, la messagerie, la publication de contenus...

L'ensemble peut sembler minimaliste aux habitués d'un Facebook mais il est clair qu'un tel chantier est une démarche considérable. Dans une philosophie de développement "Agile", il est parfaitement raisonnable de lancer le site dès que les principales fonctions sont présentes pour y ajouter progressivement des outils supplémentaires. D'ores et déjà une cartographie interactive des membres est prévue (j'imagine une solution basée sur l'API Google maps comme sur http://www.monpoleecologique.fr/). 

Il faut dire aussi quel'objectif est de rassembler un maximum de militants pour placer cette plateforme au coeur du fonctionnement du parti : il faut donc éviter une fracture numérique en proposant dans un premier temps un système relativement simple. Un gors travail de sensibilisation et de formation a été entrepris auprès des cadres du parti. La chaine Dailymotion de La Coopol propose aussi plusieurs tutoriaux plutôt bien réalisés.

La spécificité d'une organisation tel qu'un parti politique a été intégrée dans le paradigme du réseau social web : une grande place est accordées aux sections, l'unité de base du parti, dans le recrutement des membres du réseau comme dans son interface. L'objectif est que le site soit d'abord un moyen de faire le lien entre les militants et de les organiser. L'un des premiers bénéfices est que ceux qui ne peuvent pas assister régulièrement aux réunions ont désormais un moyen de suivre ce qui se passe.

Mardi 12 janvier, le site ouvrait ses portes à tous les internautes, permettant ainsi aux adhérents, au delà des sections pilotes, mais aussi à tou les sympathisants, de créer leur compte et de participer. L'opération a été un succès car le réseau a dépassé le seuil des 10 000 membres en 48 heures. Des dizaines de groupes de toute sorte se sont également créés : pour se regrouper en courants, par thème, ou tout simplement pour le LOL (souvent aux dépens des adversaires politiques).

Le tout s'avère plutôt prometteur : l'espoir de certains est de voir la plateforme "dynamiter" le parti, faire sauter les cloisons et lui insuffler un nouveau souffle. Sans aller jusque là, un site web reste un simple outil, il est vrai que permettre un dialogue direct entre les militants et sympathisants, dans un cadre institutionnalisé et labellisé PS (le dialogue était déjà possible ailleurs sur la toile) sans passer par le cadre souvent rigide de la section, est susceptible dans une certaine mesure d'avoir un impact positif. Pour l'instant je n'ai pas constatés de gros trolls sur le site où l'on reste poli et cordial. La charte d'utilisation demande naturellement que l'on s'abstienne d'attaque un: ce qui fait dire par certains que l'on essaye d'étouffer le débat au profit de la direction actuelle : une interprétation très osée et un poil paranoïaque. Le premier Godwin a été constaté dans une discussion au bout d'une semaine, mais on est sur le web, c'est fatal, et ce fut un Godwin poli, bien élevé et aussi subtil qu'un Godwin peut l'être.

Toutefois, le chantier n'est pas achevé : de nombreux détails peuvent être améliorés mais il manque surtout quelques fonctionnalités essentielles. La principale lacune est le manque de possibilité de suivre l'activité ou des conversations. La page d'accueil limite aujourd'hui à trois le nombre des derniers posts visibles, sans possibilité de consulter l'historique : si l'on est pas connecté tout le temps on rate très vite un contenu intéressant. En outre il n'est prévu nul part de suivi des commentaires. Si vous publiez beaucoup, il faut revenir régulièrement partout où vous avez publié pour vérifier si de nouveaux commentaires ont été postés.

Idéalement, il faudrait un item "Mes conversations" dans le menu qui liste les posts créés par l'utilisateur, qu'il a commenté ou auxquels il s'est abonné, pour lesquels il y a de nouveaux commentaires. 

Le PS est heureusement en de bonne mains avec Valério et Benoit. Je ne doute pas qu'un processus d'amélioration continue de la qualité est en place pour améliorer progressivement ce qui peut m'être. Le travail réalisé est déjà considérable et ces nouveaux outils donnent des atouts considérables à cette organisation.

Notons au passage que le site est réalisé avec le très populaire CMS Drupal, comme la plupart des réalisations de la Netscouade. Il est vrai qu'il comporte de nombreuses fonctionnalités et extensions facilitant la mise en place de fonctions sociales sur un site web. 

Lire aussi : 

Sunday 1 February 2009

Lectures du weekend

Sunday 21 September 2008

Le Parlement européen lance sa webTV

Alors que la télévision française prouve sa médiocrité en ne couvrant pas à sa juste mesure les travaux pourtant souvent essentiels des eurodéputés, on ne peut que se réjouir du lancement de la télévision web du Parlement européen (via e-toile).

Un bon moyen de se tenir au courant de l’actualité européenne et des travaux des eurodéputés, donc, même si je préfère pour ma part parcourir les excellentes synthèses sur site europarl.europa.eu que de regardfer des vidéos. La densité d’information est toujours plus forte à l’écrit. Toutefois il est plutôt agréable d’entre les eurodéputés qui s’expriment dans ces vidéos.

Le Parlement européen assure donc un travail d’information et de communication essentiel sur le web et produit des sites assez agréables à utiliser avec surtout une attention très forte à la qualité du contenu qui tranche avec la plupart des sites institutionnels.

Quelques regrets cependant :

  • comme sur europarl, europarltv ne propose pas de fil RSS. Alors que tous les navigateurs modernes intègrent désormais cette technique, une telle absence est incompéhensible. Le site devrait proposer non seulement du RSS mais aussi beaucoup de RSS : un par rubrique ou par thème, pour que tous ceux qui souhaitent suivre l’actualité du Parlement européen puissent le faire sans avoir à se connecter sur le site pour autant.
  • le menu de langue et la recherche sont placés au dessus de la fenêtredu navigateur, sur toute sa largeur et sur fond gris, ce qui fait que l’on ne les aperçoit pas forcément facilement, car ils se confondent visuellement avec l’interface du navigateur. On n’a de plus pas de principe de navigation commun entre les différents sites du Parlement européen où ces élements sont situés plus proches du menu principal de navigation.

  • Plus grave, les vidéos sont proposées par défaut au format Window media player…

  • Il faut donc pour pouvoir les lires dans de bonnes conditions si l’on utilise pas Explorer, découvrir un discret menu de configuration sous la vidéo qui permet de choisir un format flash. Le site devrait proposer par défaut le format flash. Il s’agit aussi d’un format propriétaire mais au moins il est multiplateforme. Bon point : on peut choisir la langue des sous-titres indépendamment de celle de l’interface.

  • Enfin, le lien “code imbriqué” ne propose pas du tout le code pour imbriquer la vidéo sur un autre site mais indique seulement l’URL de la vidéo. Dommage pour la diffusion de ces reportages. Compter sur la disponibilité d’un player sur le site distant en ne fournissant qu’une URL est insuffisant. J’espère que le Parlement les placera aussi sur Youtube ou Dailymotion. Compte tenu des investissements dans la production de contenu, autant qu’un maximum de citoyens européens puissent y avoir accès même s’ils n’ont pas le réflexe de se connecter sur ce site.
Pour finir et pour se faire plaisir : voir par ici la vidéo sur Altiero Spinelli qui inaugure une série “Européens célèbres”.

Thursday 11 September 2008

De la page d'accueil d'un site multilingue

Ce billet constitue le second d'une hypothétique série sur le multilinguisme dans les sites internets. Il fait suite au précédent intitulé "Représenter les langues d'un site web" qui abordait la navigation entre différentes versions linguistiques.

La page d'accueil demeure la page la plus visité de la plupart des sites internets, même si sur la plupart des sites une très large majorité des visiteurs entrent via une page de contenu référencée sur un moteur de recherche.

Dès lors que le site est multilingue, deux questions se posent :

  1. Dans quelle langue doivent être rédigés son interface et son contenu ?
  2. Comment faire comprendre au visiteur qu'il a la possibilité de changer de langue ?
Autant le dire tout de suite, il n'existe pas de bonne solution, ou en tout cas

La pré-page d'accueil

La solution de facilité mais aussi la plus simple, notamment dans le cas d'un site massivement multilingue, et de proposer une page proposant la liste des langues disponibles dès la connexion de l'internaute. Ce dernier est dès lors contraint de sélectionner une langue avant de visualiser le contenu du site.

Notons que c'est sans doute là un des rares cas d'utilisation d'une pré-page d'accueil qui puisse être considéré comme tolérable. En règle générale tout obstacle entre le visiteur et l'information qu'il recherche est à bannir : ça agace.


La page d'accueil du Parlement européen : 21 liens et une faute de goût : une phrase en anglais inutile


Le site du premier ministre de Belgique (détail) : c'est déjà plus simple, mais qu'est devenu l'allemand, si je ne m'abuse également langue officielle au niveau fédéral.

Une langue par défaut

Une autre solution consiste à proposer une page d'accueil en anglais dans une langue par défaut dont on estime qu'elle est comprise par la majorité des visiteurs. On s'efforce alors de mettre en évidence la possibilité de changer de langue si nécessaire.

Ainsi une multinationale pourra proposer sa page d'accueil en anglais et un menu pour passer vers des traductions du site. J'élude délibérément le cas de figure de la famille de sites de filiales avec des noms de domaines différents. Le multilinguisme ainsi évacué finit par revenir par la porte de derrière (et il n'est pas content) dès lors que l'on veut utiliser un .be ou un .ch par exemple.

Un site espagnol pourra afficher son contenu en castillan avec des liens vers les versions catalane, basque ou gallicienne.

Un site belge va chercher une autre solution ou courir au devant de gros ennuis.


Le site portail de l'administration suisse propose une page d'accueil... en anglais !

Une langue par défaut avec détection automatique

La solution la plus sophistiquée consiste à chercher à deviner identifier la langue préférée de l'utilisateur. Il existe toute une série d'indices parmi les informations que votre navigateur internet envoie au serveur du site lorsqu'il se connecte, à commencer par l'emplacement géographique de votre ordinateur, déduit de manière plus ou moins fiable de son adresse IP (une série de numéros plus ou moins unique vous identifiant sur le réseau) et surtout par la ou les langues par défaut du navigateur.

Si votre navigateur dispose d'une interface en français, la langue par défaut d'un tel site sera le français, s'il est disponible. Le webmaster belge est sauvé, il ne devra pas subir l'ire flamande, il pourra proposer une page d'accueil en néerlandais à ses internautes Anversois.

La page d'accueil tour de babel

Oui, mais non... Extrêmement rare : les articles des différentes langues sont mêlées sur la page d'accueil.

La solution peut être appropriée lorsque l'on s'adresse à un public dont on sait qu'il maitrise effectivement les langues concernées. L'avantage principal est que si l'intégalité du site n'est pas traduit, cela permet de continuer à proposer l'ensemble des contenus disponibles.

Les inconvénients de la solution sont évidents : il devient beaucoup plus difficile de parcourir rapidement les titres de la page, d'autant plus que l'on ne comprend pas toutes les langues.

Il n'est pas certain que Google apprécie non plus. Il faut en toute hypothèse pouvoir bien identifier dans le code chaque bloc de contenu à l'aide du code de langue correspondant.

Enfin, pour le politiquement correct : l'interface de navigation ne peut être que dans une seule langue sauf à n'utiliser que des images. Il y a donc toujours un privilégié.


Le site spip-contrib propose des extensions pour SPIP. La page d'accueil mélange ici articles français et espagnols.

I will be back

Le Graal d'un site internet est le visiteur récurrent. Il n'est pas nécessaire le tester sa patience en lui imposant de sélectionner sa langue à chaque visite.

Bien sur, on peut espérer qu'il inscrive dans ses favoris l'adresse de la page d'accueil dans sa langue. Nous avons là le visiteur parfait. Il est sinon possible de conserver une trace du choix réalisé lors de la première visite, soit par l'utilisation d'un cookie, soit dans le meilleur des cas, si votre site le proposer et que le visiteur crée un compte utilisateur, par la conservation de ce choix dans son profil.

Conseils pour votre cahier des charges

La gestion du multilinguisme est un facteur de complexité supplémentaire dans un projet web. Il est essentiel qu'elle soit prévue dès la conception du site sous peine d'entrainer coûts et délais supplémentaires par la suite.

Le multilinguisme conditionne par exemple le choix de l'outil de gestion de contenu, des modes de navigation et de l'organisation de la page d'accueil. Il implique potentiellement la mise en place  de codes particuliers dans les gabarits du site.

Il faut donc préciser dès le cahier des charges un maximum de détails :
  • si le site doit être disponibles en plusieurs langues ou s'il faut le prévoir dès à présent pour une version future
  • le nombre de langues est-il définitif ou faut-il prévoir l'ajout de langues supplémentaires ?
  • l'intégralité du site est-il traduit ou bien seulement quelques pages ?
  • l'arborescence du site sera-t-elle identique ou non selon les langues ?
  • les langues doivent-elles être traitées sur un pied d'égalité ou bien existe-t-il une langue principale sur le site ?
  • faut-il prévoir une optimisation pour le référencement dans toutes les langues ? et une démarche de référencement correspondante ?
Et vous ? Quelle formule vous semble la plus appropriée ?

Saturday 30 August 2008

Représenter les langues d'un site web

Comment représenter les langues sur un site web ?

Le multilinguisme est l'une des principales difficultés dans la conception de sites internet.

Il implique des difficultés à la fois :

  • techniques : pour représenter correctement les caractères accentués ou les différents alphabets, notamment pour la communication entre des applications utilisant des systèmes différents ;
  • ergonomiques : afin de permettre la navigation entre différentes versions linguistiques d'un site ou entre un contenu et ses traductions ;
  • relatives à l'architecture de l'information : à défaut de pouvoir traduire intégralement un contenu les arborescences sont souvent différentes selon les langues. Comment par exemple référencer un contenu dans une langue qui n'est disponible que dans d'autres langues ?
  • en terme de communication : comment communiquer auprès de tous en sachant que l'on ne peut traduire les contenus dans toutes les langues du public ciblé ?
  • politiques : la question de la langue est toujours sensible. Les commentaires négatifs en tardent pas si un contenu visant un public international n'est pas disponible dans la bonne langue.

Lors de la construction d'une page web la langue est prise en compte à plusieurs moments. On la spécifie pour la page entière, ou pour une partie du contenu, voire sur un lien pour signale que la page de destination est dans une autre langue. Cf. Spécifier la langue d’un document (X)HTML sur Openweb.

Je voulais aujourd'hui m'attacher à la question de la représentation des langues sur un site web. Il n'existe que deux méthodes : du texte ou des images.

Le texte est le plus simple : une série de liens voire un menu déroulant permettent de préciser explicitement la langue de destination. Encore faut-il se demander si on doit écrire le nom de la langue dans la langue en question ou dans la langue de la page courante. La logique veut que l'on conserve la version originale dans ce cas puisque l'on s'adresse à un public supposé la parler.

C'est le choix qu'a fait le Taurillon par exemple, qui posera problème si jamais on ajoute une ou deux langues de plus :

Café Babel propose également du texte, mais dans un menu déroulant ce qui rend l'option de langue très discrète. Il est vrai que le ste propose les même contenus dans toutes les langues et qu'il n'est donc pas nécessaire de mettre cette fonction en avant. 

Pour le Taurillon, chaque version linguistique dispose de contenus distincts et d'un comité de rédaction différent : il est donc important pour ce site de mettre en avant de manière évidente les différentes langues disponibles. Notons que dans ce cas l'anglais correspond en fait à une édition internationale. Un problème se poserait si les britanniques souhaitait leur propre édition du magazine, distincte de l'édition internationale. 

Dans le cas où l'on dispose d'un plus grand nombre de langues ou que l'on souhaite mettre en avant visuellement celles-ci à l'aide d'images, que faire ?

L'Union européenne, championne du multilinguisme, utilise les codes ISO-639-1, une norme listant les langues à l'aide d'abréviations de deux lettres. Par exemple :

  • FR = français
  • EN = anglais
  • IT =italien
  • DE = allemand
Notons qu'il existe ausi une norme ISO-639-2 avec des codes à trois lettres (deux lettres ne peuvent représenter en théorie que 676 langues alors qu'il en existe des milliers).

Sur le portail de l'Union européenne et la plupart des sites officiels les codes sont représentés par des pictogrammes sur la pré-home (une page intermédiaire avant la page d'accueil dont l'utilisation est un autre débat...).



Les pages intérieures reprennent le système de menu déroulant, plus à même d'économiser l'espace à l'écran, ce qui est d'autant plus important que le nombre de langues est important (l'Union compte 21 langues officielles) et que ce menu a vocation à être présent à un emplacement clé de la page web. Ces icônes sont documentées ici [en].

Notons que la langue du site de destination est affichée à l'aide du même picto :



L'usage des codes ISO fonctionne bien car il est associé à un texte dans la langue en question.

En revanche on peut se demander s'ils peuvent remplacer les petits drapeaux que l'on trouve parfois, comme ici sur le site www.pourdesvoituresmoinspolluantes.org :





L'intérêt de cette formule est que les drapeaux sont reconnus par les utilisateurs, qu'ils prennent moins de place qu'un texte tout en évitant d'imposer la manipulation d'un menu déroulant.

Les drapeaux fonctionnent sur ce site car ils n'indiquent pas seulement la langue mais aussi le pays concerné : chaque drapeau lie à une page dont le contenu est spécifique à chaque pays.

En revanche leur usage est à déconseiller lorsqu'il s'agit seulement d'indiquer la langue. Il est très peu politiquement correct de proposer à un américain ou encore moins un irlandais de cliquer sur l'Union Jack pour afficher une page en anglais ou ne laisser aux Belges que le choix entre un drapeau français ou néerlandais (sans compter les Belges germanophones). Je ne dénoncerais pas ici de site qui se rendent coupable de cette mauvaise pratique. Cf. Jakob Nielsen : Flag problem [en].

La seule alternative graphique semble donc la reprise des fameux codes ISO, ce qui suppose que les internautes connaisse le code de leur langue et identifient une série de codes comme étant un menu de langues. L'idéal serait un standard graphique qui s'impose de facto ou de jure comme cela s'est fait pour le RSS [en].

On trouve par exemple sur Wikipedia une série d'icones (sous licence libre bien sur) utilisables à cette fin :

Le problème de ces icônes est qu'elles sont très laides d'une part et que personne ne les utilise d'autre part. En revanche on doit pouvoir adapter la couleur à l'environnement du site.

Et vous ? quelle interface préférez-vous pour les sites multilingues ?

Friday 27 April 2007

L'archétype du site web mal conçu

Un article du monde intitulé « Le cinéma indépendant fait le pari de la vidéo à la demande » m’a incité à visiter le site www.universcine.com.

Le site en question illustre hélas à la perfection le phénomène dépeint par Steve Krug dans son livre « Ne me faites pas chercher  » (Don’t make me think) selon lequel un visiteur arrive sur le site avec un « capital de bonne volonté » qui se réduit au fur et à mesure qu’il rencontre des difficultés dans sa navigation ou des échecs dans la recherche de l’information.

Désireux d’avoir un aperçu de leur offre et des conditions de téléchargement, le site m’a tellement agacé que j’ai songé aller faire autre chose, mais comme le thème de l’utilisabilité m’intéresse particulièrement en ce moment j’ai plutôt décider de rédiger une note (au lieu de continuer à chercher en vain sur ce site. Je suis convaincu qu’un site plus simple à utiliser multiplierait considérablement le chiffre d’affaire de cette entreprise.

Appréciation générale

Le design global est assez correct mis à part le logo et le haut de page. Le site reste optimisé pour les écrans en résolution 800x600 ce qui fait que 80% à 85% des utilisateurs le verront entouré de larges zones grises. Il est louable de vouloir respecter les utilisateurs restant mais on perd ainsi de larges zones d’affichage potentiel pour l’essentiel du public. En outre l’espace vertical n’est pas utilisé. Même si beaucoup des utilisateurs peu expérimentés n’utilisent pas toujours la molette de la souris ou le scroll, on perd une occasion de proposer de l’information aux autres. Du coup la page d’accueil offre peu de contenu : quelques accroches courtes et un bandeau défilant.

La zone vidéo de la page d’accueil

Le cœur de la page est constitué par un espace vidéo en flash avec des bandes annonces. Hélas aucun moyen de couper le son ni de le baisser. Même le bouton pause interrompt la video mais laisse le son se poursuivre. Un clic sur la vidéo a provoqué l’affichage d’un message d’erreur me permettant au passage d’apprendre que le site est en Zope.

Un clic sur « Voir le film » mène directement sur le formulaire d’identification. Il eut été préférable d’arriver sur une page reprenant les informations sur le film, quitte à en consacrer une zone au formulaire en question.

La zone située sous la vidéo concerné également le film et offre un début d’information : elle semble visuellement déconnecté de la vidéo mais un peu de lecture permet de comprendre qu’il s’agit du même film (et comme j’ai dû faire un effort de réflexion, aussi léger soit-il, mon capital de bonne volonté se réduit un peu plus). Le survol du nom du réalisateur provoque un changement de couleur mais pourtant cette zone n’est pas clicable. Un clic sur les flèches qui suggèrent que l’on peut en savoir plus mène… vers le même formulaire d’identification. On en conclut donc que pour voir ne serais-ce que le résumé complet ou la fiche du film il faut être enregistré alors que ces informations sont disponibles sur IMDB, Wikipedia, etc. Ce sentiment que l’on veut nous forcer la main pour l’enregistrement sur le site même pour les informations les plus basiques agace

Le bandeau de haut de page

Reprenons les choses dans l’ordre : si la vidéo attire directement l’attention, la zone que l’on retrouve sur toutes les pages est le bandeau de haut de page : il doit permettre d’identifier le site et donner accès à des informations ou outils utiles.

Le logo est catastrophique : la symbolique de l’arobase pour évoquer l’internet est très « 1996 ». Le design est pauvre, le nom du site peu lisible (ce qui oblige à le reprendre plus loin) et surtout il n’évoque absolument en rien le cinéma. En passant le logo est clicable depuis la page d’accueil et c’est mal puisqu’il mène précisément vers la page d’accueil. Un léger effet de survol sur le logo serait bienvenu quand il est clicable. Se fier au changement d’état du curseur n’aide pas beaucoup l’utilisateur.

Le logo est aussi relié visuellement au menu vertical et non pas horizontalement au bandeau de haut de page : le titre complet qui y apparaît n’est donc pas relié au logo : il semble par sa couleur et son contexte apparaître à un ensemble différent alors qu’il est supposé expliciter le logo. C’est une excellente idée de placer une baseline, une accroche, sous le nom du site : pour un marché émergeant comme la VOD il est nécessaire d’expliquer l’activité, même si l’on peut supposer qu’une grande partie des visiteurs ne sont pas là par hasard (je ne sais pas ans quelle mesure le site est optimisé pour le référencement mais si l’essentiel du contenu est en zone protégée je ne vois pas bien ce que Google à se mettre sous la dent.

La bonne idée tombe complètement à plat cependant :

1) la baseline est dans une zone distincte du titre du site : on ne la perçoit pas tout de suite comme tel ;
2) elle est illisible : petite taille de caractères et très faible contraste (noir sur gris foncé… !)
3) Elle utilise le sigle VOD que tout le monde ne connaît pas encore (DVD est acceptable parce que l’on sait ce que sait même si l’on ignore le contenu du sigle) : il aurait fallu ici écrire en toute lettre « vidéo à la demande »
4) Elle ne met pas en avant la particularité du site (le cinéma indépendant).

Les contenus

Une colonne propose des accès aux contenus.

Un survol sur le titre de la rubrique provoque à nouveau un changement de couleur alors que la zone n’est pas clicable. Pire, elle provoque également le changement de couleur de la flèche située en bas du pavé qui elle est clicable. Outre que le comportement diffère de celui de la zone situé sous la vidéo dont le design est pourtant identique, ces effets intempestifs désorientent l’utilisateur et l’incitent à cliquer à contre-temps… oui, ça fait chuter le capital de bonne volonté.

Le pied de la colonne est consacré à une zone dotée d’une série de mots-clés évoquant vaguement un nuage de tag dont la présentation ne suggère en rien qu’ils sont clicables mais plutôt qu’il s’agit de décoration. Ils sont de plus peu lisibles. Nous allons donc les ignorer (en réalité ils mènent vers la partie du catalogue consacrée au mots-clé).

Soit-dit en passant à gauche de cette zone se trouve une citation parfaitement inutile acompagnée du nom d’un acteur et du nom d’un film. Alors que les liens sont présentés de manière identique cliquer dessus mène vers des zones différentes du site : le catalogue pour le premier, la fiche du film pour le second.

… la fiche du film ??? ce que l’on voulait voir en cliquant tout autours de la vidéo. Cette fameuse fiche existe donc. Il a fallu bien chercher pour la trouver. On se rendra compte aussi en cliquant dans la colonne de droite avec les affiches qui défile (si on est d’humeur joueuse pour attraper l’affiche avec sa souris) que les liens mènent aussi vers des fiches. Pourquoi donc le cœur de la page, la vidéo et le texte accompagnateur, ne mènent-ils pas vers cette fiche ? Même si l’on veut permettre aux abonnés de cliquer directement pour voir le film, on peut aussi bien proposer deux liens plus explicites : « En savoir plus sur le film » et « Voir le film », au hasard.

Je ne vais pas dépasser de beaucoup la page d’accueil sinon pour dire aussi :

  • le catalogue en flash est peu pratique et long à utiliser. Il ne permet pas d’accéder rapidement à l’information ni de revenir en arrière ou d’utiliser une navigation transversale.
  • La fiche de film est peu lisible avec une mauvaise hiérarchisation de l’information. Le contenu s’affiche dans une mini-fenêtre où il faut scroller pour lire le texte entier (bon point : le scroll accepte l’utilisation de la molette). Lorsque la fiche n’est pas complète les liens restent clicables affichant… du blanc dans la dite mini fenêtre. On se rend compte dans une zone mal valorisée qu’il est possible de lire les commentaires laissés par les utilisateurs. Hélas, outre le fait qu’il y ait manifestement des problèmes d’encodage puisque certaines lettres accentuées n’apparaissent pas (de toute manière les titres blancs sur un dégradé gris clair tirant vers le blanc ne sont pas lisibles), on ne sait s’il y a effectivement des commentaires ou non qu’après avoir cliqué : donc on arrive souvent sur une page vide. Enfin une information, sur le prix ! Mais en français on utilise une virgule et non pas un point pour donner les centimes.
  • Les formulaires ne ressemblent pas à des formulaires
  • La page mention légales est vide ! et le bouton Retour ne fonctionne pas. Contact et annonceur non plus d’ailleurs (du coup je ne peux pas leur envoyer de commentaires).
  • La FAQ n’affiche par défaut qu’un menu (avec une faute de frappe) : elle ne donne aucune info sur les moyens de paiement et les formules d’abonnement. Cette info est d’ailleurs extrêmement bien cachée.
  • L’intitulé « Mon univers » n’est pas clair : mieux vaux garder un intitulé plus classique comme « Mon compte » ou « Mon profil ».

J’imagine que pas mal d’utilisateurs ne seront pas allés aussi loin dans l’exploration du site : il y a certainement une perte de chiffre d’affaire considérable due aux problèmes d’utilisabilité. Je ne peux pas vous dire comment se passe le processus d’inscription car je ne suis pas allé jusque là considérant le fonctionnement du reste. Pourtant il y a plein de films très intéressants dirait-on.

Mise à jour : Cet article, paru sur mon ancien blog, mérite d’être mis à jour : un certain nombre de problèmes soulevés ici ont été depuis résolu. Il reste un gros travail mais l’initiative est fondamentalement intéressante et j’espère que ce site pourra évoluer dans le bon sens et trouver son public (10 août 2007).